Utiliser des tableaux de street art pour décorer et embellir son intérieur

Street art sur un train

Brève histoire du street art

Des trains de banlieue taggués en entier, des tunnels couverts de dessins extravagants et de signatures bariolées, des porches bombés de partout, par des artistes du ghettos, immigrés, sans formation, contestataires voire obscènes ou injurieux ; police et répression, puis la reconnaissance, les expositions dans des musées prestigieux et autres centres d’art contemporain, la démocratisation avec notamment les tableaux de street-art, des légendes aussi, comme le mythique Banksy, coqueluche des médias dont on ne connait toujours pas la véritable identité. Telle est en somme l’histoire du street art, telle qu’on croit la connaître.

Elle plonge pourtant ses racines aux origines de l’humanité : laisser l’empreinte peinte de sa main sur la roche, dessiner des vulves et des bites, rendre son imaginaire disponible aux yeux de tous, c’est bel et bien ce que font les artistes depuis les débuts de l’art, à Lascaux comme à la grotte Chauvet ou dans le désert du Sahara.

Art pariétal préhistorique
Art pariétal préhistorique

Comme l’art préhistorique, le street art est un art des parois. Des parois, comme les murs des temples égyptiens, couvertes de textes et d’images, telles une BD dont les héros seraient Ptah, Osiris, Isis, Rê. Des parois, comme celles des latrines de la Rome antique, recouvertes de quolibets, d’injures, de blagues scabreuses ou de propositions crapuleuses. Des parois, comme celles des cryptes, tombeaux et autres lieux secrets du christianisme primitif, sur lesquels fourmillent les symboles, les croix, les poissons (symbole du Christ né d’un jeu de mots entre ictus, poisson, et Christus).

Symbole ichtus
Symbole ichtus

Si l’époque romane s’avère avare en peintures pariétales, cependant à la fin du moyen-âge, et à la Renaissance, les peintres peignent encore sur des murs : on orne ainsi des chapelles, des églises, et la Sixtine de Michel-Ange… La mode de l’époque est aux corps nus, une forme d’obscénité qu’on reprochera plus tard à l’art de rue.

A l’époque moderne, les armées en guerre dans toute l’Europe aiment à taguer leur nom partout où elles passent ; mais c’est au XXè siècle qu’on voit le street art – annoncé par l’oeuvre d’artistes comme Ernest Pignon-Ernest et ses collages d’œuvres ou de photographies sur les murs des villes – émerger au plein sens du terme, comme une forme d’art à part entière, ayant son langage, ses codes, ses usages, ses références, ses lieux.

Partout en Occident, dans les zones défavorisées, les quartiers immigrés, les ghettos, les murs se parent d’inscriptions, graffitis, facilités par la production industrielle à bas coût d’une nouvelle forme de peinture : la bombe. L’objet devient un verbe et dorénavant, on bombe tout ce qu’on peut bomber autour de soi, comme un acte d’appropriation de la cité par ceux qui précisément n’y possèdent presque rien.

Les groupes de rap notamment en font leur signature. D’innombrables albums de hip-hop reprennent le style urbain, les couleurs vives, l’écriture manuscrite à la fois lisible et ornée, faisant penser à une miniature géante de manuscrit médiéval.

Quand l’art de rue s’invite à la maison

Entré dans les mœurs, le street art cesse d’être une pratique marginale faite par des marginaux, et gagne progressivement ses lettres de noblesse.

D’abord parce que de nombreux génies anonymes font leurs preuves, et signent des chefs d’oeuvre de leur blase. Berlin, la capitale allemande, multiplie les façades géantes, que les touristes ont prises en photo et republié sur les réseaux sociaux et le web des milliers de fois : l’art de rue touche les gens et ils témoignent de leur intérêt en le diffusant spontanément.

Street art Berlin
Street art à Berlin

Depuis les années 2000, se qui s’écrivait dehors de manière plus ou moins illégale et sauvage a trouvé refuge dans les intérieurs. Le street art devient en effet sans problème un art décoratif, étant donné qu’il fait depuis longtemps partie du décor. On peut donc maintenant parer ses murs d’artistes comme Sunra qui a placé ses cœurs au cœur de ville de Montpellier, le graffeur Gum dont le style évoque le pop art, ou encore Damien Mauro aka GoddoG, qui mélange l’art mural avec Matisse et l’art contemporain. Leurs oeuvres sont disponibles sous forme de tableaux de street art.

Qu'avez-vous pensé de cet article ?

Cliquez sur une étoile pour donner votre avis

Avis moyen / 5. Nombre d'avis donnés

Soyez le premier à donner votre avis

Retour en haut