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Un tapis fait à la main, troué ou décoloré, relève de trois réparations : reprendre les trous, consolider franges, bordures et lisières, restaurer les couleurs. Chez Tissu Ébène, atelier de tapissier, d’ébéniste et de restauration de tapis à Paris, fondé en 1972, le repère d’une réparation légère se situe entre 100 € et 200 €, confirmé par devis gratuit ; une restauration complète, elle, est établie sur devis et peut atteindre plusieurs milliers d’euros quand les dégâts sont étendus. Le bon geste dépend de la cause du dommage, établie à l’examen.
Un trou dans un tapis ancien se répare-t-il ?
Qu’un trou soit réparable, cela se décide à l’examen du tapis. Un critère passe avant tout le reste : l’atelier ne prend en charge que les tapis faits à la main et non les tapis mécaniques. Reprendre les trous et retisser une zone manquante font partie des prestations de l’atelier, et ce travail est manuel. La cause du trou pèse déjà sur le diagnostic. L’atelier prend aussi en charge les brûlures et les dégâts laissés par l’eau. Les mites, elles, ont droit à leur propre section plus bas. Avant de réparer un tapis ancien à Paris, il est utile de savoir nommer le dommage, car c’est lui qui oriente vers l’une des trois réparations.
Franges, bordures et lisières : pourquoi les bords comptent
Un peu de vocabulaire aide à décrire ce qu’on voit. La chaîne désigne les fils tendus dans le sens de la longueur ; la trame, ceux qui sont passés dans la largeur. Sur les côtés, la lisière est un bord plus serré, fait pour que le tissage ne s’effiloche pas.
Quand un bord s’use, le reste du tapis risque de suivre. Une lisière ouverte ou des franges qui partent laissent prise à l’usure, et le tissage peut alors se défaire rang après rang. Le plus simple est de s’en occuper tant que le dommage reste localisé. Mieux vaut ne pas couper un fil qui dépasse d’une lisière, ni tirer dessus : il fait partie du tissage.
L’atelier compte franges, bordures et lisières parmi ses prestations, et les consolide comme il reprend les trous.
Un tapis décoloré peut-il retrouver ses couleurs ?
La restauration des couleurs se décide après examen ; aucune teinte n’est promise à l’avance.
Selon l’Institut canadien de conservation, les ultraviolets (UV) de la lumière du jour sont une cause majeure de jaunissement et d’affaiblissement des fibres ; ils font aussi pâlir ou virer de nombreuses teintures, naturelles comme synthétiques. L’organisme ajoute que les dégâts de lumière s’accumulent et sont irréversibles.
Pour reprendre une couleur, l’atelier crée ses propres pigments, d’origine végétale ou minérale.
Un exemple de musée montre la difficulté. Sur un tapis d’Ushak du Victoria and Albert Museum, des zones renouées (refaites nœud à nœud) qui s’accordaient parfaitement à l’origine ont fortement pâli avec les années. Choisir des laines de la même teinte compte donc le jour de la réparation, et encore des années après. Au moment du devis, il est raisonnable de demander comment la teinte sera choisie.
Lumière, humidité, mites : pourquoi les dégâts s’étendent-ils ?
Tant que sa cause reste en place, un dommage a de bonnes raisons de progresser. Un tapis posé en plein soleil continue de pâlir, comme on l’a vu plus haut.
L’humidité agit plus discrètement. Selon l’Institut canadien de conservation, une humidité relative, celle qu’affiche un hygromètre, durablement supérieure à 70 % favorise les moisissures. Un tapis roulé et rangé dans un local humide y est donc exposé.
Restent les insectes. Pour le même institut, les larves de la mite des vêtements et celles de l’anthrène, un petit coléoptère, sont particulièrement destructrices. La mite s’attaque surtout aux matières d’origine animale comme la laine : selon le Museum Wales, musée national du pays de Galles, ses larves digèrent la kératine de ces matières et recherchent de préférence les textiles tachés ou sales. Une tache oubliée peut ainsi attirer les larves.
Comment se passe la prise en charge ?
Les équipes de Tissu Ébène interviennent à Paris et dans toute l’Île-de-France, depuis des ateliers aux portes de Paris. Rien n’est facturé pour le devis, et l’atelier vient chercher le tapis puis le rapporte sans frais à Paris et en Île-de-France.
Pendant toute la durée des travaux, un tapis de remplacement est prêté gratuitement par l’atelier.
Une question pratique se pose aussi : faut-il laver le tapis avant de le réparer, ou l’inverse ? L’ordre des opérations se fixe à l’examen, selon l’état du tapis et la nature du dommage. Pour préparer cet examen, notez ce que vous savez de l’histoire du dommage : depuis quand il est apparu, et si le tapis a été mouillé ou exposé au soleil. C’est ce qui permet de remonter à la cause.









