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Immense figure du design au XXè siècle, Gio Ponti fut à la fois architecte, designer industriel, designer de meubles, enseignant, écrivain, artiste et éditeur. Une carrière bien remplie qui l’a amené à collaborer avec les meilleurs créateurs de son temps dans toutes les disciplines qu’il a abordées.

Gio Ponti architecte
Gio Ponti nait à Milan le 18 novembre 1891. Il est mobilisé pendant la première guerre mondiale et obtient son diplôme d’architecte en 1921 à l’université polytechnique de Milan. Il commence sa carrière d’architecte avec divers associés. Il prend alors en charge des projets de taille de plus en plus pharaoniques : vastes bureaux de grandes entreprises ou d’universités, pour lesquels il conçoit à la fois l’architecture des bâtiments et le design des meubles et de l’aménagement intérieur, dans un esprit très moderne de conception unitaire.
Lié au fascisme dans les années 1920, 30 et 40, sa carrière ne flanche pas pour autant après-guerre car ses réalisations et son engagement constant en faveur du développement des arts industriels lui donne une aura internationale qui l’amène à satisfaire des commandes aux quatre coins du monde, du Brésil à la Suède, du Venezuela à l’Irak. Le boom économique de l’Italie des années 1950 lui donne accès à des chantiers dans toute la péninsule (à Milan même, il signe 36 bâtiments ! dont la célèbre Tour Pirelli.)

Si la carrière d’architecte de Gio Ponti vous intéresse, vous pouvez lire cet intéressant article de Telerama.
Gio Ponti designer de meubles et objets décoratifs
Dès 1923, Gio Ponti prend un poste de directeur artistique dans l’entreprise Richard Ginori, le principal fabricant de porcelaine en Italie. Il en renouvelle profondément le catalogue tout en rationalisant la production. Ses succès à ce poste lui offrent des collaborations avec d’autres ténors des arts décoratifs, les verriers Venini et Fontana Arte, l’orfèvre Christofle.

En collaboration avec le fabricant de meubles design Cassina, Gio Ponti crée la chaise Superleggera, « super légère », puisqu’elle ne ne pèse en effet qu’1,7 kilo, mais aussi les chaises Distex, Round, Lotus et Mariposa.

Dans le secteur du meuble, il collabore également avec Knoll International, Poltrona Frau, Arflex et d’autres.
C’est pour Poltrona Frau qu’il rénove en 1965 le design des meubles très classiques de la marque, avec son fauteuil Dezza en cuir de haute qualité, aux lignes simples et élégantes.

La revue Domus, ou Gio Ponti comme promoteur des arts

En 1928, Gio Ponti fonde la revue Domus, qu’il dirige jusqu’à sa mort, avec une interruption pendant les années 1940 où il eut la mauvaise idée de fonder un magazine pro-fasciste, Stile, qui ne survécut pas à la débâcle des forces de l’Axe.
Couvrant l’ensemble des arts décoratifs, la revue Domus fait la promotion du modernisme en architecture et en design, en diffusant les oeuvres et les idées des grands créateurs de l’époque : Le Corbusier, Ludwig Mies van der Rohe, Marcel Breuer, Charles Eames, Piero Fornasetti, Ettore Sottsass. En quelques années, la revue reçut une audience internationale qui lui donna une influence sur l’ensemble des thèmes qu’elle traitait. Domus existe toujours aujourd’hui !
Enseignant à l’Ecole Polytechnique de Milan
Entre 1936 to 1961, Gio Ponti enseigne l’architecture et le design à l’école polytechnique de Milan, où il avait lui-même été formé.
Il y transmet son savoir à plusieurs générations de designers.
Compasso d’oro
En 1954, Gio Ponti a également fait partie des fondateurs d’un concours de design qui va avoir une influence internationale : le Compasso d’Oro (compas d’or), qui récompense les meilleures créations dans diverses catégories : design automobile, design de meubles, édition, etc. Ce concours aussi existe toujours, et a par exemple récemment récompensé les créations d’un fleuron du design italien, hérité des efforts de Ponti : la marque Magis.
Après cette carrière pleine à craquer, Ponti meurt le 16 septembre 1979 à l’âge de 87 ans.









