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Ensemble ou séparément, les frères Pier Giacomo Castiglioni et Achille Castiglioni ont laissé leur empreinte dans l’histoire du design italien et créé des œuvres iconiques pour les meilleures marques de meubles ou de luminaires, comme Kartell, Zanotta, Flos, Knoll, Alessi…
Biographie et carrière de Pier Giacomo Castiglioni et Achille Castiglioni

Pier Giacomo Castiglioni
Fils du sculpteur Giannino Castiglioni, Pier Giacomo nait le 22 avril 1913 à Milan en Lombardie, dans le nord de l’Italie.
Il fait des études en architecture à l’Ecole Polytechnique de Milan (Politecnico di Milano) dont il sort diplômé en 1937 avec une note de 100/100. Il y travaille aussitôt et devient l’assistant de prestigieux professeurs : Gio Ponti, Piero Portaluppi, et Ernesto Nathan Rogers (qui forma également un autre grand nom du design italien, le designer Vico Magistretti).
A partir de 1938, il collabore avec le designer et éditeur de meubles Dino Gavina.
En 1938, il ouvre un studio d’architecture et design avec son frère aîné Livio et l’architecte Caccia Dominioni, et ils créent notamment la première radio en bakélite, une forme de plastique. Mais le studio doit fermer en 1940 suite au déclenchement de la seconde guerre mondiale.
En 1945, Pier Giacomo rouvre son studio en collaboration cette fois avec Livio et avec son frère cadet Achille, fraîchement diplômé. Livio quittera le cabinet en 1953, laissant ses deux jeunes frères seuls aux commandes.
En 1956, Pier Giacomo et Achille Castiglioni font partie des membres fondateurs de l’ADI, Association pour le Design Industriel, qui va prendre le contrôle de l’exposition Triennale de Milan, gérer le prix Compasso d’oro, et jouer un rôle directeur dans le design italien.
Au début des années 1960, Pier Giacomo dirige le design de la jeune entreprise Flos fondée en 1959 et qui entreprend de révolutionner le luminaire. Quelques années plus tard, son jeune frère Achille prend sa place.
Entre 1964 et 1968, Pier Giacomo enseigne le design à la faculté d’architecture de l’Ecole polytechnique de Milan.
Pier Giacomo Castiglioni gagne de nombreux prix et récompenses, décernés notamment par l’exposition de design Triennale de Milan (médaille de bronze en 1947, Grand Prix en 1951 et 1954, médaille d’or en 1957 et 1960, médaille d’argent en 1963) et par le Compasso d’oro (compas d’or en 1955, 1960, 1962, 1964, 1967).
Pier Giacomo Castiglioni meurt le 27 novembre 1968 à l’âge de 55 ans.
Achille Castiglioni
Né le 16 février 1918, Achille Castiglioni fait lui aussi des études d’architecture au Politecnico de Milan dont il sort diplômé en 1944. Sitôt après, il rejoint le studio d’architecture et design de ses frères Livio et Pier Giacomo.
Entre 1955 et 1979, Achille Castiglioni remporte 9 prix Compasso d’oro et plusieurs prix à l’exposition Triennale de Milan.
A partir de 1971, Achille Castiglioni donne un cours de design à la Faculté d’Architecture de l’Ecole Polytechnique de Turin (Politecnico di Torino). Puis, entre 1980 et 1993, il enseigne le design industriel à l’Ecole Polytechnique de Milan (où il a notamment pour élève la jeune Patricia Urquiola).
Le MoMA de New York conserve 14 de ses œuvres et lui consacre une grande rétrospective en 1997. Ses œuvres entrent aussi dans les collections du Victoria and Albert Museum de Londres, du Vitra Design Museum, des Musées d’Art de Hambourg, Munich et Zurich, etc.
Achille Castiglioni meurt le 2 décembre 2002 à l’âge de 84 ans.
Œuvre et meubles design de Pier Giacomo Castiglioni et Achille Castiglioni
Lampe de bureau Tubino (1951)
Originale et avant-gardiste, la lampe de bureau Tubino (« petit tube ») se compose d’un néon, d’une sorte de couvercle réfléchissant en aluminium, qui concentre et guide la lumière, et d’un pied en métal articulé.

Lampadaire Luminator (1955)
La lampe Luminator des frères Castiglioni se compose d’un trépide en métal, puis d’un long tube en métal galvanisé peint (coloris blanc, noir, rouge, jaune, vert…) qui se termine par une ampoule dirigée vers le plafond.
A la fois sculpturale et minimaliste, Luminator produit donc une lumière indirecte et douce.

Tabouret Mezzadro et Sella (1957)
Le tabouret Mezzadro d’Achille Castiglioni, édité chez Zanotta, emprunte au ready-made de Marcel Duchamp : il utilise une bonne vieille selle de tracteur pour en faire l’assise d’un tabouret, en le combinant avec une lame de métal et un morceau de bois.

Le tabouret Sella rejoue la farce italienne une deuxième fois : il remplace l’assise par une selle de vélo, et ajoute encore un peu de fun : la selle est branchée sur un tube de métal planté sur une base de forme sphérique, ce qui permet de bouger dans toutes les directions tout en étant assis, comme sur une sorte de « tabouret à bascule » ou « rocking-tabouret ».

Fauteuil Sanluca (1959)
La forme curieuse, quelque peu baroque, du fauteuil Sanluca des frères Castiglioni tient en partie de la grande tradition des fauteuils et canapés cossus et dodus, mais aussi de la modernité minimaliste qui aime supprimer tout le superflu. Le mélange des deux est un fauteuil où on n’a gardé que les courbes, sans les pleins.

Lampadaire Arco (1962) édité par Flos
Best-seller des frères Pier Giacomo & Achille Castiglioni, conçu pour Flos, la lampe Arco étonne par son caractère monumental : elle se compose d’un socle, en marbre ou en cristal, puis d’une tige téléscopique métallique qui décrit un demi arc de cercle pour aboutir à un réflecteur semi-sphérique en métal.
Prévoyez de la hauteur sous plafond parce que le lampadaire Arco fait deux mètres quarante de haut. Et en largeur, environ deux mètres vingt.

Posée sur le côté d’un salon, elle peut, dans un geste plein d’élégance, venir illuminer le centre de la pièce.

Lampe de table Taccia (1962)
La jolie petite lampe de table Taccia d’Achille Castiglioni a quelque chose d’antique et d’industriel à la fois : son pied rappelle une colonne grecque, mais en aluminium, et sa tête rappelle un projecteur d’usine, mais dans un beau verre transparent soufflé.

Lustre / suspension Viscontea « cocoon » (1962)
Cette somptueuse lampe, ce lustre presque baroque, a un procédé de fabrication unique :
- la structure de la lampe, faite de fils de métal assemblés, est fixée sur une tige qui la fait tourner à vive allure
- on pulvérise à proximité un filament de résine de plastique encore chaud, qui se pose sur la structure et l’enrobe progressivement
Admirez vous-même, c’est fascinant !
Et voici le résultat magnifique :


Lustre / suspension Taraxacum 1 « cocoon » (1962)
La lampe Taraxacum est un autre exemple de luminaire fabriqué par les frères Castiglioni avec la technique « cocon » décrite ci-dessus.

A noter que le designer hollandais Marcel Wanders a conçu des lustres très similaires en hommage aux Castiglioni :

Lustre / suspension Taraxacum 88 (1988)
Cette lampe conçue par Achille Castiglioni en 1988 reprend en partie – 26 ans après – la structure de la suspension Taraxacum 1, mais sans la partie « cocon ». Elle laisse les ampoules à nu, vissées 3 par 3 sur 20 triangles de métal conjoints en forme de sphère.
L’idée est simple : dans ce lustre, ce sont les ampoules qui jouent le rôle d’abat-jour de luxe, comme dans les luxe de cristal, mais sans cristal.
Lampe de table Snoopy (1967) Flos
Son pied de marbre blanc soutient un abat-jour en métal émaillé (en vert, orange ou noir) et diffuse une lumière douce.
Elle s’appelle Snoopy… devinez pourquoi ?

Cendrier, couverts et autres objets, Alessi
Seul, Achille Castiglioni a conçu pour Alessi des objets ordinaires, comme ce cendrier et ce jeu de couverts, dans une esthétique ultra-sobre qui laisse éclater le brillant de métaux argentés, aluminium et inox.
















