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Créateur de meubles spectaculaires aux lignes avantageuses et de lampes somptueuses, Tom Dixon fait partie de l’élite du design anglais.
Biographie et carrière
Tom Dixon nait le 21 mai 1959 à Sfax en Tunisie, où il passe ses premières années. Sa mère est française et son père britannique.
Dans le pays de son père, il étudie un temps dans une école d’art, le Chelsea College of Art, mais abandonne en cours de route, préférant se former seul et vivre une vie de bohême à Londres. Il devient bassiste d’un groupe de rock, Funkapolitan, mais abandonne également suite à un accident de moto au cours duquel il se casse un bras.
Armé d’un fer à souder, Dixon fait alors ses débuts dans le design en concevant des meubles et des lampes en métal à partir d’objets récupérés. Au début des années 1980, il forme le collectif d’artistes Creative Salvage avec Mark Brazier-Jones et Nick Jones, et leurs œuvres d’esprit punk et innovantes rencontrent un vif succès.
Entre 1998 et 2008, Tom Dixon devient directeur artistique d’Habitat, géant industriel, où il réédite des œuvres de Charlotte Perriand, Pierre Paulin et Achille Castiglioni, ainsi que de jeunes designers talentueux comme Marc Newson, Ron Arad, et les frères Erwan et Ronan Bouroullec.
En 2014, il reçoit le titre honorifique de créateur de l’année 2014 au salon Maison&Objet.
Ces dernières années, Tom Dixon a continué à faire ce qu’il aime faire : partir dans tous les sens, ouvrir un restau, s’occuper d’une revue, recycler un bâtiment historique…
Meubles et luminaires design
Chaise S, Cappellini (1987)
Lointaine héritière de la chaise en S de Verner Panton, celle de Tom Dixon, plus filiforme, flotte encore plus dans l’espace grâce à son piètement presque magique.
Elle existe en différentes versions, l’une sur cadre en mousse dure avec un revêtement de laine, l’autre sur cadre en métal et revêtement en osier.
Chaise Pylon (1992)
En forme de pylône électrique comme son nom l’indique, la chaise Pylon s’inspire de Gustave Eiffel (il parait qu’il a construit une tour), mais aussi de Jean Prouvé. Loin d’être le siège le plus confortable, elle se classe néanmoins bien dans la gamme des chaises design les plus spectaculaires.

Lampe Jack (1996)
Expérimentation de Dixon avec le plastique, la lampe Jack, qui peut aussi s’empiler et servir de siège (à vos risques et périls), est fabriquée par rotomoulage.

Lampe Mirror Ball
Rappelant la forme des boules disco des clubs de sa jeunesse, la lampe Mirror Ball se compose d’une sphère en polycarbonate, de couleur argent ou or, et traitée pour lui donner une effet miroir, comme dans certaines lunettes de soleil.

Tom Dixon la qualifie d' »échec du design » parce que son intention originelle était d’en faire une lampe invisible, se fondant dans son environnement en le reflétant, alors qu’elle devient « un point focal d’attention« , comme il l’explique dans cette vidéo :
Lampe Copper Shade
La lampe à suspension Copper Shade (« ombre de cuivre« ) est la sœur cadette de la lampe Mirror Ball, suite au succès commercial de cette dernière, avec quelques différences de forme – la sphère est incomplète.

Lampe Beat Light
Beat Light compte en fait une série de luminaires de formes et tailles différentes, disponibles en couleurs noir, blanc ou or, et qu’on peut agencer à volonté : en ligne pour éclairer une longue table à manger, en cercle, en désordre…

Lampe Melt (avec Front)
Collaboration entre Dixon et les talentueuses designeuses suédoises de Front, la lampe Melt a pour diffuser un globe déformé de verre, semblable au matériau encore chaud que travaillent les souffleurs de verre, à laquelle elle ressemble fortement quand on l’allume.

Canapé Plump
Récemment, Tom Dixon a conçu ce délicieux canapé modulaire aux courbes très douces, disponible dans 30 combinaisons de couleurs et de revêtements, et qui permet – avec ses modules longs ou courts – plus de 750 configurations. Alors le punk, on s’embourgeoise ?

Où trouver les créations de Tom Dixon ?
Contrairement à la plupart des designers célèbres, qui confient leurs dessins à des éditeurs, Tom Dixon a fini par devenir son propre éditeur : la marque Tom Dixon, fondée en 2002 et installée à Londres, au Coal Office de King’s Cross, produit et vend directement ses luminaires, meubles et accessoires. C’est là que vivent les Mirror Ball, Copper Shade, Beat, Melt et autres Plump.
Quelques pièces historiques restent chez d’autres éditeurs : la chaise S est toujours au catalogue de l’italien Cappellini, qui l’a rendue célèbre. Quant aux toutes premières œuvres soudées de la période Creative Salvage, elles ne s’achètent plus en boutique mais en galerie ou aux enchères.
Signe de consécration, la chaise S est entrée dans les collections du MoMA de New York et du Victoria and Albert Museum de Londres — pas mal pour un bassiste autodidacte au bras cassé. La reine d’Angleterre elle-même s’y est mise, en le faisant Officier de l’Ordre de l’Empire britannique (OBE) en 2001, pour services rendus au design britannique.
Combien coûte du Tom Dixon ?
Bonne nouvelle : le design de Tom Dixon reste l’un des plus abordables du haut de gamme. Une lampe Mirror Ball ou une suspension Copper Shade neuves se situent en gros entre 300 et 700 € selon les tailles — un ticket d’entrée raisonnable pour une icône contemporaine. Les compositions Beat à plusieurs suspensions et les meubles (fauteuils, canapé Plump) grimpent naturellement à plusieurs milliers d’euros.
En vintage, la hiérarchie s’inverse : les pièces uniques ou en petite série des années 1980, l’époque Creative Salvage du fer à souder et de la récup’, sont devenues des pièces de collection qui se négocient en galerie à des prix nettement supérieurs à ceux du catalogue actuel. Les premières chaises S anciennes ont elles aussi leur cote chez les collectionneurs. Morale : le punk rouillé des débuts vaut aujourd’hui plus cher que le cuivre poli.
Questions fréquentes sur Tom Dixon
Quelle est la lampe la plus célèbre de Tom Dixon ?
La suspension Copper Shade, sphère tronquée au fini cuivre miroir, est sans doute la plus reconnaissable — suivie de près par la Mirror Ball et les cloches noires de la série Beat.
Tom Dixon a-t-il suivi une formation de designer ?
Non, c’est un autodidacte : il a quitté le Chelsea College of Art en cours de route et s’est formé seul, fer à souder en main, en fabriquant des meubles à partir d’objets récupérés.
Qu’est-ce que la chaise S de Tom Dixon ?
Dessinée en 1987 et éditée par Cappellini, cette chaise sinueuse sans pieds arrière a lancé sa carrière internationale. Elle figure dans les collections du MoMA et du Victoria and Albert Museum.
Quel rôle a joué Tom Dixon chez Habitat ?
Directeur artistique de 1998 à 2008, il y a réédité des classiques de Charlotte Perriand, Pierre Paulin ou Castiglioni et donné leur chance à de jeunes talents comme Marc Newson ou les frères Bouroullec.











