Chaise et fauteuil Smoke en bois brûlé | Maarten Baas | Moooi

Maarten Baas Fauteuil Smoke MOOOI

Smoke – collection de mobilier en bois brûlé

En juin 2002, le jeune Maarten Baas alors étudiant présente la série de meubles en bois brûlé Smoke en tant que travail de fin d’année, et obtient ainsi son diplôme à l’Académie du design d’Eindhoven.

La série Smoke consiste à carboniser des meubles vintage, comme du mobilier baroque, la chaise Zig Zag de Gerrit Rietveld ou la chaise LCW de Charles et Ray Eames, puis à les enduire de résine époxy transparente pour les solidifier et les protéger.

Sélectionné pour entrer dans la collection du jeune label de Marcel Wanders, MOOOI, à l’avant-garde du design de meuble des Pays-Bas, Smoke acquiert rapidement une notoriété internationale grâce à des présentations réussies à Milan, Londres et Paris. Diverses pièces sont achetées par de prestigieux musées comme le MoMA et par des collectionneurs avertis comme Philippe Starck.

En mai 2004, à l’exposition de la galerie Murray Moss de New York, le designer Maarten Baas présente « Where There’s Smoke« , une série de 25 meubles brûlés, notamment des œuvres classiques de Gaudi, Rietveld, Sottsass et Campana.

Maarten Baas collection Smoke MOOOI meubles design en feu bois brûlé
Maarten Baas collection Smoke MOOOI meubles design en feu bois brûlé

Dans la vidéo suivante vous pouvez admirer le processus de création fascinant d’un fauteuil Smoke :

Fauteuil Smoke de Maarten Baas, MOOOI

Le meuble emblématique de la collection Smoke est ce somptueux fauteuil de style : sur la carcasse en bois brûlé, solidifiée avec de la résine époxy transparente, le designer a fait poser une tapisserie de style classique, dans un très beau cuir noir capitonné.

Ainsi re-né de ses cendres, le fauteuil Smoke tel un Phoenix peut vivre une deuxième vie.

Maarten Baas Fauteuil Smoke en bois brûlé MOOOI
Maarten Baas Fauteuil Smoke en bois brûlé MOOOI

Les chaises et fauteuils Smoke font partie de mes meubles design préférés, je vous explique pourquoi dans cet audio :

Fauteuil de salle à manger Smoke de Maarten Baas, MOOOI

Il s’agit d’un fauteuil de style de salon en bois sculpté avec deux accoudoirs. La structure est d’abord carbonisée avant d’être enduite d’époxy puis retapissée.

Maarten Baas Fauteuil de salon design Smoke MOOOI
Maarten Baas Fauteuil de salon design Smoke MOOOI

Chaise Smoke de Maarten Baas, MOOOI

Comme on le voit sur cette photo, chaque chaise Smoke est unique, car il est impossible de contrôler totalement la crémation ; le feu s’impose ainsi comme co-créateur de chaque design.

Maarten Baas Chaise en bois brûlé Smoke MOOOI
Maarten Baas Chaise en bois brûlé Smoke MOOOI

Brûler un meuble pour le sauver : d’où vient l’idée ?

Maarten Baas n’a pas inventé le bois brûlé : les charpentiers japonais carbonisent depuis des siècles les façades en cèdre selon la technique du yakisugi (ou shou sugi ban), car la couche de charbon protège le bois des insectes, de l’humidité et… du feu lui-même. Brûler pour préserver : le paradoxe est ancien.

Ce que Baas a inventé, c’est le geste iconoclaste. Là où le charpentier japonais brûle des planches neuves, l’étudiant d’Eindhoven passe au chalumeau des meubles déjà chargés d’histoire — et pas n’importe lesquels : des icônes du design que ses professeurs vénéraient. Détruire une chaise de Rietveld pour en faire une œuvre, en 2002, c’était à peu près aussi sacrilège que moustacher la Joconde. Le monde du design a adoré : au lieu du renvoi, le diplôme ; au lieu du scandale, le MoMA. Il fallait oser — et surtout, il fallait que le résultat soit beau. Il l’est : le charbon figé sous l’époxy prend des reflets profonds qu’aucune teinte, aucune patine ne sait imiter.

Comment reconnaître un vrai meuble Smoke ?

Sous le nom Smoke cohabitent en réalité deux familles de meubles, et la nuance vaut cher. D’un côté, les pièces uniques brûlées par Maarten Baas lui-même — meubles anciens ou icônes du design sacrifiés au chalumeau, comme ceux de l’exposition Where There’s Smoke — qui circulent en galerie et en salle des ventes. De l’autre, l’édition MOOOI : chaise, fauteuil et fauteuil de salle à manger produits en série, dont la structure en bois est carbonisée puis stabilisée à l’époxy, avec ce fameux capitonnage de cuir noir.

Pour authentifier une pièce d’édition, trois indices : la surface doit montrer de vraies craquelures de charbon, irrégulières et légèrement brillantes sous la résine — un simple bois teinté en noir est uniforme, donc suspect ; deux exemplaires ne sont jamais identiques, puisque le feu ne se répète pas ; enfin l’édition MOOOI porte l’étiquette du fabricant sous l’assise. Un vendeur qui parle de « style Smoke » sans nom d’éditeur vend, au mieux, un hommage.

Combien coûte une chaise ou un fauteuil Smoke ?

Le feu, curieusement, ne brade pas les prix. En neuf chez MOOOI, la chaise Smoke se situe autour de 2 000 €, et le fauteuil capitonné grimpe nettement plus haut, dans les 4 000 à 6 000 € selon les finitions et les revendeurs. C’est le tarif d’un meuble fabriqué en petite série, brûlé et tapissé à la main.

En occasion, les éditions MOOOI apparaissent de temps en temps sur les sites de design vintage, avec une décote modérée : la pièce est rare et recherchée, les vendeurs le savent. Quant aux pièces uniques signées Baas, elles relèvent du marché de l’art : comptez des prix de collection, en dizaines de milliers d’euros aux enchères, avec provenance et certificat à l’appui. Entre les deux, méfiance envers les « Smoke » à petit prix : brûler soi-même une chaise de brocante est à la portée de tout pyromane du dimanche, mais le résultat n’a ni la stabilité de l’époxy professionnel, ni la moindre valeur de revente.

Questions fréquentes sur les meubles Smoke

Qui a créé la collection Smoke ?

Le designer néerlandais Maarten Baas, en 2002, comme projet de diplôme à l’Académie du design d’Eindhoven. La collection est éditée depuis par la marque néerlandaise MOOOI, fondée par Marcel Wanders.

Un meuble Smoke est-il solide ?

Oui. Le bois carbonisé est imprégné et scellé dans une résine époxy transparente qui le solidifie durablement. Les éditions MOOOI sont conçues pour un usage quotidien, pas seulement pour la vitrine.

Est-ce que ça sent le brûlé ?

Non. La couche d’époxy emprisonne totalement le charbon : ni odeur, ni traces noires sur les vêtements. Seul l’œil perçoit le feu.

Pourquoi chaque pièce Smoke est-elle unique ?

Parce que la combustion est imprévisible : profondeur des craquelures, reliefs, zones plus ou moins rongées varient à chaque brûlage. Maarten Baas considère le feu comme le co-auteur de chaque meuble.

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