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L’histoire de Tolix
L’ère de Xavier Pauchard

Précurseur du design industriel en France, la marque Tolix a été fondée en 1927 par un artisan chaudronnier nommé Xavier Pauchard.
S’inspirant d’une technique inventée au XVIIIè siècle par Luigi Galvani, Pauchard améliore la galvanisation qui consiste à recouvrir une pièce de métal d’une couche de zinc qui protège contre la corrosion. Pauchard peut dès lors concevoir des meubles qui s’emploient aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Pauchard conçoit alors une collection de meubles en tôle d’acier galvanisé : la tôle est découpée puis emboutie par des machines (l’emboutissage est une opération de formage à froid qui consiste à imprimer une forme entre un moule et une presse).
Ces meubles solides et inusables connaissent un succès certain pendant des décennies, dont la célèbre « chaise A« .
Quand le fondateur meurt en 1948, son fils Jean prend la direction de l’entreprise et crée de nouveaux modèles, notamment des meubles – tables, chaises et casiers – pour l’université de Dijon.
Faillite et renaissance au XXIè siècle
En 2004, l’entreprise Tolix dépose le bilan mais sa directrice financière Chantal Andriot en décide autrement : elle trouve des financements, crée de nouveaux modèles en embauchant des designers, propose des versions colorées des standards de Tolix et relance ainsi la production, qui reste Made in France malgré la concurrence internationale et les contrefaçons chinoises.
Le mobilier Tolix reste un best-seller notamment pour l’équipement des jardins, balcons et autres terrasses.


Fidèle à ses origines, l’entreprise maintient son siège social et son usine à Autun en Saône-et-Loire en région Bourgogne-Franche-Comté, de sa fondation à aujourd’hui.
Meubles célèbres de Tolix
La chaise A, Xavier Pauchard

Parmi les meubles en tôle d’acier galvanisé de Tolix, la chaise A est devenue iconique : pratique car conçue pour être empilable, elle équipe le paquebot Normandie lancé en 1935, à l’époque le plus grand paquebot du monde.
Elle demeure un standard du design industriel et est entrée dans les collections du Vitra Design Museum et du Musée Pompidou.
Table 55 et fauteuil A56, Jean Pauchard
Quand Xavier meurt en 1948, son fils Jean Pauchard reprend le flambeau familial et crée de nouveaux modèles, dont la table 55 et le fauteuil A56.


Table console 55
Haute et fine, la table console 55 est conçue pour s’adosser à un mur, comme la plupart des consoles, où elle peut servir à poser un vase, des photos, une lampe ou une sculpture. Elle a été conçue en 1955 par Jean Pauchard.

Chaise T14, Patrick Norguet
Le designer français Patrick Norguet a conçu la chaise T14 dont l’assise / dossier constitué d’une seule feuille de métal courbé se réduit au minimum fonctionnel : soutenir les fesses, la colonne vertébrale et les épaules.

La conception de cette chaise en tôle emboutie a causé quelques soucis au designer – le métal a ses propres lois et, comme l’explique Patrick Norguet dans cette vidéo (avec la dirigeante de Tolix Chantal Andriot), il a dû s’y reprendre à 6 ou 7 fois pour aboutir à une forme qui ne cause ni froissement ni fragilité :
Banc à lames patio
Elégant car tout en finesse, ce banc design associe des tubes d’acier à une série de lames pour constituer l’assise et le dossier. Il fait un banc de jardin idéal, résistant aux intempéries comme aux variations de température.

Combien coûte une chaise Tolix ?
Bonne surprise : pour une icône du design industriel fabriquée en France, la chaise A reste raisonnable. Neuve, sortie de l’usine d’Autun, elle se situe en gros entre 250 et 350 € selon la finition — brut verni, galvanisé ou l’une des nombreuses couleurs laquées. Le fauteuil A56 demande une centaine d’euros de plus, et les tables varient selon les dimensions, de quelques centaines d’euros au millier.
En vintage, la cote dépend de l’âge et de la patine : les chaises et tabourets anciens en acier galvanisé, avec leurs traces d’usage et leur zinc mat, se négocient couramment entre 100 et 300 € pièce chez les brocanteurs spécialisés en mobilier industriel — et sensiblement plus pour les pièces des années 1930-1950 bien documentées, ou les séries rares comme les casiers d’usine. La patine authentique est ici un argument de vente : on paie l’histoire autant que l’acier.
Quant aux copies à 60 €, elles inondent le marché depuis des années. Ce n’est pas un hasard si la maison mère a dû se battre pour survivre face à cette concurrence : voir ci-dessous comment distinguer l’originale.
Comment reconnaître une vraie chaise Tolix ?
Premier indice : le marquage. Les productions Tolix récentes portent une estampille de la marque sous l’assise, et l’entreprise fournit un certificat pour ses meubles neufs. Sur une pièce ancienne, pas toujours de tampon, mais des signes qui ne trompent pas.
La tôle, d’abord : chez Tolix elle est épaisse, lourde, emboutie avec précision — une vraie chaise A pèse son poids et sonne plein quand on la tapote. Les copies utilisent une tôle plus fine qui vibre et se cabosse au premier choc. Les soudures, ensuite : discrètes, régulières, soigneusement meulées sur l’originale ; grossières et apparentes sur les contrefaçons. Enfin, le détail malin : les nervures du dossier et le petit trou d’évacuation d’eau de l’assise (héritage de l’usage en terrasse) sont dessinés au millimètre — posez une copie à côté, l’empilage bancal la trahit aussitôt.
Questions fréquentes sur les meubles Tolix
Les meubles Tolix sont-ils toujours fabriqués en France ?
Oui : l’usine historique d’Autun, en Saône-et-Loire, produit toujours l’ensemble du catalogue, comme depuis 1927. Tolix bénéficie du label Entreprise du Patrimoine Vivant.
Une chaise Tolix peut-elle rester dehors ?
C’est même sa vocation d’origine : l’acier galvanisé résiste à la corrosion. Les versions peintes tiennent bien en extérieur, mais un coup d’éponge et un abri l’hiver prolongeront la peinture ; sur une rayure profonde, une retouche évite que la rouille s’installe.
Comment dater une chaise Tolix ancienne ?
Par ses détails de fabrication : le galvanisé mat et les assemblages rivetés ou soudés à l’ancienne signalent les productions des débuts, et certaines séries portent des marquages d’administration ou d’entreprise (écoles, brasseries, paquebots) qui aident à retracer leur histoire.
Qu’est-ce qui a sauvé Tolix de la faillite ?
Le rachat de l’entreprise en 2004 par sa directrice financière Chantal Andriot, qui a relancé la production à Autun, ouvert le catalogue à de nouveaux designers et misé sur la couleur — un sauvetage devenu cas d’école du design français.








