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Avec son rival Knoll qu’il a fini par racheter, le fabricant de mobilier Herman Miller a été un des leaders américains du design de meuble avec une prédilection pour le mobilier de bureau, diffusant les créations de designers stars comme Gilbert Rohde, Charles Eames, Isamu Noguchi, George Nelson, Don Chadwick et Bill Stumpf.
Les origines
En 1905 est fondée aux Etats-Unis une entreprise nommé Star Furniture, qui produit surtout du mobilier de chambre dans un style traditionnel.
En 1919, elle se renomme Michigan Star Furniture à l’instigation de son président Dirk Jan De Pree.
En 1923, De Pree et son beau-père Herman Miller achètent 51% des parts de l’entreprise qui devient The Herman Miller Furniture Company, basée à Zeeland dans le Michigan.
La période Gilbert Rohde
La Grande Dépression des années 30 met l’entreprise au bord de la faillite.
Le designer Gilbert Rohde convainc De Pree d’abandonner le style traditionnel obsolète et d’opter résolument pour le design moderne. L’entreprise passe un accord avec Gilbert Rohde qui obtient 3% de royalties sur les ventes des nouveaux meubles qu’il designe pour Herman Miller.

Cette formule rencontre un franc succès et Rohde lui ouvre les portes de l’important marché du mobilier de bureau. Herman Miller ouvre des showrooms à Chicago et New York.
La période George Nelson
En 1944, Gilbert Rohde meurt et l’architecte et designer industriel George Nelson est nommé directeur du design après que le PDG Depree ait lu le best-seller de Nelson, « La maison de demain ».

Sous sa direction, pendant les 40 années suivantes, Herman Miller va produire certains des meubles les plus célèbres du design moderne en recrutant les meilleurs créateurs, notamment la Eames Lounge Chair de Charles et Ray Eames.

A partir de 1964, Herman Miller développe une gamme de mobilier de bureau nommée Action Office, dont la deuxième version invente le cubicle, un système de cloisons de séparation conçu pour améliorer les conditions de travail en open space, en limitant les distractions autour de chaque travailleur. Nelson, évincé du projet, reprochera à la gamme Action Office d’avoir contribué à déshumaniser l’espace de travail, rangeant les travailleurs intellectuels dans des cases froides et sans âme.

La période Don Chadwick et Bill Stumpf
A partir des années 1970, Herman Miller promeut de nouveaux designers innovants, notamment Don Chadwick et Bill Stumpf.

Le Chadwick modular seating system
Don Chadwick conçoit notamment le Chadwick modular seating system en 1974 : un sofa modulaire fait d’une série de sièges confortables, de trois formes différentes, qui permettent d’organiser des places assises quelle que soit la forme de la pièce.

La Chicklet Chair de Ray Wilkes
Dans la même veine, le designer Ray Wilkes conçoit le « Modular Seating Group », surnommé Chicklet Chairs, un système de fauteuils modulables.

La Ergon Chair de Bill Stumpf
Bill Stumpf développe une expertise dans le domaine de l’ergonomie du meuble, en travaillant avec des spécialistes de l’orthopédie et de la médecine vasculaire, et conçoit du mobilier ergonomique : la Ergon chair – le premier fauteuil ergonomique, puis en collaboration avec Don Chadwick, la chaise Equa et l’Aeron chair.

La Aeron Chair de Don Chadwick et Bill Stumpf
En 1994, Herman Miller sort la Aeron Chair, un fauteuil de bureau designé par Don Chadwick et Bill Stumpf, qui sera un best-seller durable. Il est conçu en matériaux recyclés et est à 94% recyclable. Son assise et son dossier sont constitués d’une trame de plastique renforcé en fibre de verre. Ce fauteuil de bureau aéré et ergonomique a été le trône des start-ups lors du boom de la net-economy.

En 2017, Herman Miller a sorti une version améliorée, Aeron Remastered, avec une meilleure suspension et un meilleur soutien de la colonne vertébrale,
MillerKnoll
En 2021, Herman Miller rachète son éternel rival Knoll pour 1,8 milliard de dollars et se renomme MillerKnoll.
Les icônes du catalogue Herman Miller
Si l’on devait résumer Herman Miller en quelques meubles, la liste ferait pâlir n’importe quel musée du design. Côté salon : la Eames Lounge Chair bien sûr, mais aussi les chaises moulées en fibre de verre puis en plastique du couple Eames, la table basse Noguchi du sculpteur Isamu Noguchi avec son plateau de verre en forme de galet, le très pop Marshmallow Sofa de George Nelson et ses dix-huit coussins ronds, ou encore le Coconut Chair en forme d’éclat de noix de coco.
Côté bureau, la dynastie ergonomique fondée par la Ergon s’est poursuivie avec l’Aeron, puis l’Embody et la Sayl d’Yves Béhar, reconnaissable à son dossier suspendu inspiré des ponts suspendus. Toutes ces pièces sont encore en production — la meilleure preuve qu’un bon design ne prend pas sa retraite.
Combien coûte un meuble Herman Miller ?
Parlons budget, car la marque joue clairement dans la cour du mobilier haut de gamme. Un fauteuil de bureau Aeron neuf se situe grosso modo entre 1 500 et 2 000 € selon les options, une Sayl autour de 600 à 800 €, une Embody nettement au-dessus. C’est cher, mais avec une garantie de douze ans et une réparabilité exemplaire, le calcul au prix par année d’usage devient beaucoup plus raisonnable.
Bon plan méconnu : le marché du reconditionné. Les Aeron quittent par palettes entières les sièges sociaux qui déménagent, et des spécialistes les révisent et les revendent à peu près à moitié prix. En vintage, les pièces anciennes signées Eames, Nelson ou Noguchi ont, elles, des cotes de collection qui se chiffrent en milliers d’euros pour les premières éditions.
Petite subtilité européenne : pour les classiques des Eames et de Nelson, c’est Vitra qui détient la licence en Europe — un meuble neuf acheté ici sortira donc des ateliers Vitra, tandis que le mobilier de bureau (Aeron, Sayl, Embody) est vendu sous la marque Herman Miller partout dans le monde.
Questions fréquentes sur Herman Miller
Herman Miller ou Vitra : qui édite les meubles des Eames ?
Les deux, chacun sur son territoire : Herman Miller pour les Amériques et l’Asie-Pacifique, Vitra pour l’Europe et le Moyen-Orient. Les deux productions sont également authentiques.
Pourquoi le fauteuil Aeron est-il si cher ?
Parce qu’il concentre des années de recherche en ergonomie, des matériaux durables, une fabrication garantie douze ans et une réparabilité totale. Amorti sur quinze ans d’usage quotidien, il coûte moins cher que bien des fauteuils bas de gamme remplacés tous les trois ans.
Une Aeron d’occasion, est-ce une bonne idée ?
Excellente, à condition de passer par un reconditionneur sérieux et de vérifier la taille : l’Aeron existe en trois tailles (A, B et C), et la B convient à la majorité des gabarits.
Que signifie MillerKnoll ?
C’est le nom du groupe né en 2021 du rachat de Knoll par Herman Miller pour 1,8 milliard de dollars — la réunion sous un même toit des deux grands rivaux historiques du design américain.






