Les femmes et le design de meubles au XXè et au XXIè siècle : portrait et œuvres de 12 designeuses célèbres

Lampe Pipistrello rouge rose Gae Aulenti

Histoire des femmes dans le design

Une histoire d’hommes ?

On parle de design au sens de conception de produit à partir de l’ère industrielle, donc au XIXè siècle, mais ce n’est pas avant le XXè siècle que ce terme prend tout son sens, quand naissent des courants esthétiques et des écoles – en premier lieu le Bauhaus en Allemagne en 1920 – qui visent délibérément à dessiner des meubles destinés à une production de masse.

Avant le XXè siècle, les meubles sont dessinés et fabriqués par des professionnels spécialisés, au premier rang desquels on trouve les architectes et les menuisiers ébénistes.

Spécialistes de la construction, les architectes conçoivent non seulement les bâtiments mais aussi l’aménagement d’intérieur et l’ameublement, à une époque où ces tâches se confondent. Or, il n’existe quasiment pas de femmes architectes, et par conséquent pas de conceptrices de meubles, avant la démocratisation de l’éducation au XXè siècle dans les grands pays occidentaux.

Spécialistes de la fabrication d’objets en bois, les menuisiers ébénistes se formaient par apprentissage, souvent de père en fils, cette situation professionnelle étant réservée aux garçons.

L’entrée des femmes dans le design

On ne voit apparaître des femmes dans le design de meubles, que dès lors que les systèmes éducatifs européens et américains s’ouvrent aux filles et aux femmes, rompant avec le sexisme d’antan qui les cantonnait aux travaux domestiques, ruraux, ou à quelques professions de service – comme femme de chambre, servante puis plus tard institutrice ou infirmière.

Parmi les faits historiques qui ont fait évoluer la situation, on trouve le développement de l’industrie, qui a embauché des millions de femmes en tant qu’ouvrières, à des positions la plupart du temps subalternes, et la « Grande Guerre » de 1914-1918 qui a forcé les économies à envoyer les femmes remplacer les hommes, morts ou mobilisés au front, prouvant involontairement leur valeur et leurs compétences en tant que travailleuses.

A partir du XIXè siècle, ou même de la fin du XVIIIè siècle pour les plus précoces (Olympe de Gouges, pendant la Révolution française), les premières militantes féministes revendiquent des droits :

  • droit de travailler et de percevoir un revenu indépendamment de la situation maritale
  • droit à l’éducation, y compris l’éducation « supérieure » (celle qui conduit entre autres au métier d’architecte) ou « professionnelle » (celle qui conduit notamment aux artisanats, dont la menuiserie et l’ébénisterie)
  • et bien sûr, droit de vote

Progressivement, divers courants politiques, surtout de gauche (communisme, socialisme, anarchisme, chrétiens de gauche, humanistes), se rallient à ces revendications et les soutiennent. On voit alors les droits des femmes progresser, lentement.

Les femmes obtiennent le droit de vote en Nouvelle-Zélande en 1893, en Australie en 1901, en Finlande en 1906, en Norvège en 1913, au Danemark en 1915, dans certains Etats des USA entre 1910 et 1912, puis en 1918 en Arménie, Hongrie, au Canada, au Royaume-Uni, en Tchécoslovaquie, en Pologne, Roumanie, Géorgie, Autriche, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, etc etc. Mais dans certains pays comme la France, l’Italie ou le Japon, il faudra attendre 1945.

L’ouverture des systèmes d’éducation aux filles et aux femmes suit ou précède de près l’acquisition du droit de vote : en effet, dès lors que les femmes sont reconnues suffisamment capables intellectuellement pour agir politiquement, malgré le vieil argument sexiste de leur prétendue « faiblesse intellectuelle », il n’est plus possible de leur nier le droit de choisir leur profession, et donc de recevoir une formation à l’égal des hommes. Par conséquent, les systèmes d’éducation publics commencent à admettre et former les filles au-delà du niveau primaire, les universités ouvrent, parfois avec réticence, leurs portes, de même que les écoles professionnelles.

A l’avant-garde de ces écoles et universités progressistes, on compte le Bauhaus fondé en 1919 à Weimar en Allemagne par Walter Gropius, et la Cranbrook Academy fondée en 1928 près de Chicago aux Etats-Unis, qui formeront quelques unes des futurs stars féminines du design.

(Avant cela, les femmes qui en avaient les moyens pouvaient bénéficier d’une éducation aux arts et métiers en passant par le système marginal des cours particuliers et des écoles d’art privées.)

Les rares femmes qui parviennent à exister dans le monde du design avant 1945 sont souvent des « femmes de », comme

Trop souvent, les œuvres des femmes sont signées par leurs compagnons ou collaborateurs plus légitimes et plus célèbres : des œuvres signées Ludwig Mies van der Rohe sont probablement celles de Lilly Reich, tout comme des meubles signés Le Corbusier sont en fait des créations de Charlotte Perriand.

De plus, le Bauhaus vend les créations des élèves sous la marque Bauhaus, ce qui prive les créatrices de toute reconnaissance et de toute rémunération, même quand leurs productions remportent un grand succès commercial.

Pour finir, un certain nombre de femmes de l’atelier tissage terminent leurs études sans aucun diplôme, puisque la ville de Weimar n’en décerne aucun pour leur spécialité. Anni Albers devra par exemple, à 37 ans, reprendre des études à Amsterdam pour enfin être reconnue en tant qu’architecte.

La banalisation

Après 1945, droit de vote et droit à l’éducation se banalisent, en occident et dans le monde.

Pourtant, les traditions et les idéologies pèsent de tout leur poids, de sorte que les évolutions se font lentement : les professions qui mènent au design restent très largement dominées par les hommes, et les meilleurs designers des années 1950, 60, 70 et 80 sont largement des hommes, les femmes faisant toujours figure d’exceptions.

Cependant, après la révolution de mai 1968 qui dépoussière encore un peu plus les systèmes éducatifs, et avec la poussée des courants féministes des années 1960 et 70, le taux de scolarisation des filles finit par rejoindre celui des garçons, ce qui aboutit à égaliser les effectifs dans les professions liées au design à partir des années 1990.

De plus, de nouvelles professions apparaissent, comme celle de décorateur d’intérieur, qu’on conjugue plus souvent au féminin : décoratrice d’intérieur.

Les stars féminines du design de meubles

Femmes du Bauhaus

A sa fondation en 1919 à Weimar sous la direction de l’architecte Walter Gropius, le Bauhaus se veut ouvert aux hommes comme aux femmes. Ces dernières forment, les premières années, environ 50% des effectifs des élèves, mais cette proportion régresse avec le temps.

Cependant, l’encadrement reste quasi exclusivement masculin, avec de rares exceptions, et ces enseignants, comme Johannes Itten, Paul Klee ou Vladimir Kandinsky, restent imprégnés de clichés sexistes et misogynes. Itten enseigne par exemple une théorie pseudo-scientifique des couleurs et des formes, qui voudrait que le bleu soit masculin et le rouge, féminin ; de même le carré serait masculin et le cercle, féminin.

Organisé en « ateliers » par spécialités, dont le tissage ( = le travail sur les textiles), la menuiserie, le travail du métal, la peinture, le graphisme, la photographie, l’architecture, le Bauhaus envoie les femmes presque systématiquement à l’atelier tissage, leur refusant la participation à d’autres disciplines jugées masculines par définition.

Parmi les élèves féminines sorties du Bauhaus, on trouve Gunta Stölzl, Benita Otte, Anni Albers, Marianne Brandt, Alma Siedhoff‑Buscher, Lotte Stam‑Beese, Otti Berger. Lilly Reich constitue un cas à part puisqu’elle prend la tête de l’atelier tissage en 1931, sans avoir été formée par l’école ; mais ce, uniquement parce que son compagnon, l’architecte allemand Ludwig van der Rohe, a pris la direction de l’école.

Le Bauhaus ne forme donc quasiment aucune conceptrice de meubles, ou alors il les cantonne à la tapisserie et aux revêtements des chaises, canapés et fauteuils.

Pire : quand il les emploie, il les rémunère moins que leurs collègues masculins, et quand il édite leurs œuvres sous la marque Bauhaus, il les prive de toute reconnaissance comme de toute rémunération.

Eileen Gray

Née en 1878 à Enniscorthy en Irlande, Eileen Gray étudie la peinture à l’University College de Londres en 1901, suit des cours dans des écoles privées à Paris, retourne étudier à Londres puis revient à Paris auprès d’un artisan laqueur d’origine japonaise, et part au Maroc étudier le tissage de tapis. Elle ouvre ensuite deux ateliers artisanaux à Paris, consacrés l’un au laquage et l’autre à la fabrication de tapis.

Elle expose ses premières œuvres en 1913 au Salon des artistes décorateurs et reçoit des commandes de la part du célèbre collectionneur Jacques Doucet.

Entre 1919 et 1924, elle décore l’appartement de Suzanne Talbot, une star de la mode de l’époque, dans un style mêlant des influences japonaises, africaines et européennes.

A partir de 1922, elle expose ses meublesparavents, tentures, tapis, tables, lampes etc – dans la Galerie Jean Désert qu’elle tient avec l’architecte roumain Jean Badovici. C’est un succès et les commandes mondaines affluent.

A partir de 1923, elle découvre les créations du mouvement néerlandais De Stijl et du Bauhaus allemand, et renie son style éclectique pour passer au modernisme. Elle adopte notamment l’idée de Marcel Breuer et Mart Stam de meubles en tubes d’acier, qu’elle utilise pour son célèbre fauteuil Bibendum.

En 1929, elle devient membre fondatrice de l’Union des artistes modernes, dirigée par Le Corbusier avec qui elle s’est liée d’amitié.

Dans les années 1930, elle s’initie à l’architecture et commence à construire, avec Badovici, une puis deux maisons dans le sud de la France, et à les décorer.

Après guerre, elle décore sa dernière maison près de Saint-Tropez.

Aino Marsio (Aalto)

On l’a vu, les pays scandinaves comptent parmi les premiers pays européens a avoir admis le vote des femmes, donc leur éducation et leur liberté professionnelle. La carrière d’Aino Marsio en témoigne.

Née en 1894 dans la capitale finlandaise Helsinki, Aino Marsio étudie l’architecture à l’école supérieure d’art et d’architecture d’Helsinki, et diplômée en 1920. Elle collabore ensuite avec différents cabinets d’architectes, dont Alvar Aalto qui devient son mari en 1924. Leur style appartient au courant fonctionnaliste et moderniste, privilégiant les nouveaux matériaux industriels – structures en béton, murs non-porteurs en verre – et refusant toute ornementation gratuite.

En parallèle, elle dessine des meubles et reçoit un prix finlandais en 1923, devenant ainsi une des premières designeuses de meubles primée.

En 1935, le couple Aalto fonde le fabricant de meubles Artek, dont Aino devient directrice du design et directrice administrative. Elle conçoit aussi des objets en verre pour l’entreprise finlandaise Iittala, dont le célèbre vase Savoy.

Lilly Reich

Née en 1885 à Berlin dans une famille bourgeoise, Lilly Reich va jusqu’au lycée avant d’entrer comme brodeuse au service d’une styliste et décoratrice féministe, Else Oppler-Legband, qui l’initie à la décoration d’intérieur.

Elle étudie ensuite entre 1908 et 1911 au Wiener Werkstätte (ateliers viennois) auprès de l’architecte et designer Josef Hoffmann, où elle se familiarise avec la conception de meubles.

En 1911, Lilly Reich fonde son atelier de décoration d’intérieur et de stylisme puis devient membre du Deutscher Werkbund, une association de professionnels modernistes, qui lui ouvre des portes. Elle participe ainsi à de grandes expositions sur les thèmes de l’habitat et du meuble, où elle se charge de la décoration intérieure.

A partir de 1927, elle collabore étroitement avec larchitecte allemand Ludwig Mies van der Rohe, qui devient son compagnon. Pendant 11 ans, ils signeront ensemble des expositions et des meubles… sous son nom à lui.

Quand il devient directeur du Bauhaus en 1930, elle l’y rejoint et devient responsable de l’atelier textile et de l’atelier métal, menuiserie et peinture murale.

Ses activités périclitent dans les années 1930 : les nazis au pouvoir après 1933 interdisent quasiment le travail des femmes ; Mies van der Rohe part seul enseigner aux Etats-Unis. L’atelier de Lilly Reich est bombardé et détruit par les alliés en 1943.

En 1945, Lilly Reich s’emploie à refonder le Deutscher Werkbund, puis enseigne l’architecture et la décoration d’intérieur à l’Université des arts de Berlin.

Elle y décède de maladie en 1947, âgée de 62 ans.

Charlotte Perriand

Elle est la première designeuse de l’histoire du design français.

Née en 1903, Charlotte Perriand étudie les beaux-arts de 1920 à 1925 à l’Union centrale des Arts décoratifs, devenue plus tard « les Arts déco« .

En 1927, elle expose dans son appartement parisien les meubles qu’elle a elle-même conçus avec des méthodes et des matériaux avant-gardistes – tubes d’acier chromé ou d’aluminium, verre, cuir – : des tabourets de bar, des guéridons, des tables, une banquette.

Un fameux visiteur de cette expo privée, l’architecte fonctionnaliste Le Corbusier, qui avait précédemment refusé la candidature de Charlotte Perriand à son cabinet d’architecture, en lui répondant « ici, on ne brode pas des coussins », change d’avis. Sa compétence de décoratrice comble en effet une lacune flagrante du Corbusier. Leur collaboration fructueuse amènera Le Corbusier à signer les meubles de Perriand à sa place, une appropriation qu’on a déjà vue à l’oeuvre entre Lilly Reich et Mies van der Rohe.

En 1929, Charlotte Perriand fait, comme Eileen Gray, partie des membres fondateurs de l’Union des Artistes Modernes qui a pour vocation de moderniser les arts décoratifs.

Dans les rudes années 1930, elle s’engage dans des projets à vocation sociale, notamment la conception d’habitats préfabriqués pour les pauvres.

Entre 1940 et 1946, elle s’exile en Indochine où elle conçoit des meubles en lames de bambou.

Entre 1967 et 1986, Charlotte Perriand crée des bâtiments et leur aménagement d’intérieur pour la station de ski Les Arcs.

Ray Eames

Née à Sacramento en Californie en 1912, Ray Kayser étudie le stylisme, le théâtre et les arts dans une école d’art privée, la Bennett School for Girls.

En 1933, Ray Kayser s’installe à Manhattan et étudie la peinture jusqu’en 1939. Elle s’inscrit alors à la Cranbrook Academy of Art du Michigan, où elle rencontre un étudiant qui deviendra son mari en 1941, Charles Eames.

Le couple s’installe à Los Angeles et fonde une agence d’architecture et design, le Eames office. A partir de là, leur oeuvre devient commune, difficile de dire qui a fait quoi entre Ray et Charles.

Les Eames fabriquent dans un premier temps des objets en contreplaqué cintré, technique innovante à l’époque : des décors pour le cinéma, puis des des attelles, brancards et fuselages de planeurs pour l’armée américaine. Ils réutilisent cette technique pour fabriquer leurs premiers meubles en contreplaqué. Ils innovent également avec d’autres matériaux : fauteuils en tiges de métal ou en coque de fibre de verre.

Le fauteuil Eames Lounge Chair, sorti en 1956, devient leur plus grand succès. Il associe des éléments en contreplaqué cintré à un rembourrage en mousse synthétique revêtu de cuir, sur un piètement en métal.

Florence Knoll

Née en 1917 à Saginaw dans le Michigan, Florence Schust étudie l’architecture à la Cranbrook Academy of Art, entre 1934 et 1935, où elle se lie d’amitié avec l’enseignant et architecte Eliel Saarinen, et avec son fils Eero Saarinen. Elle poursuit ses études à l’école d’Architecture de l’Université Columbia, où elle a le jeune Charles Eames comme enseignant ; elle se liera également d’amitié avec Charles et Ray.

De passage en Finlande, elle rencontre l’architecte Alvar Aalto qui lui recommande d’étudier à l’Architectural Association de Londres où elle passe un an et découvre les théories de Le Corbusier.

En 1940, Florence Schust rentre aux Etats-Unis et collabore brièvement avec les anciens du Bauhaus, Walter Gropius et Marcel Breuer à Cambridge (Massachusetts), puis s’inscrit à l’Armour Institute de Chicago où elle rencontre le professeur Ludwig Mies van der Rohe.

En 1941, Florence Schust devient collaboratrice en matière d’architecture intérieure de Hans Knoll, propriétaire d’une entreprise de fabrication de meubles, qu’elle épouse en 1946 et devient Florence Knoll. Ensemble, ils fondent Knoll Associates, une entreprise qui produit des meubles, des textiles et conçoit l’aménagement d’espaces professionnels, et dont Florence occupe le poste de directrice du design. Knoll devient un géant du secteur, collabore avec de grandes entreprises américaines et édite les meubles de designers de grand talent comme Eero Saarinen et Harry Bertoia.

Quand Hans Knoll meurt tragiquement dans un accident de voiture en 1955, Florence Knoll devient présidente de l’entreprise jusqu’en 1960. Elle se contente ensuite de diriger la Planning Unit (conception d’espaces professionnels), avant de se retirer à partir de 1965.

Florence Knoll fut la première femme à la tête d’une grande entreprise de meubles aux Etats-Unis, et l’inventeuse du concept d’architecture d’intérieur, dépassant celui de la simple décoration. Même si elle n’a pas elle-même signé de meubles, elle a été l’éditrice de best-sellers du design comme la chaise Barcelona et de Lilly Reich et Ludwig Mies van der Rohe, ou la chaise et le fauteuil Tulipe d’Eero Saarinen.

Gae Aulenti

Née en 1927 à Palazzolo dello Stella dans le nord de l’Italie, Gaetana Aulenti, dite Gae Aulenti, est la première designeuse de l’histoire du meuble italien.

Elle étudie l’architecture en 1953 à l’École polytechnique de Milan.

Entre 1955 et 1965, Aulenti collabore au magazine d’architecture Casabella-Continuità, dirigé par Ernesto Nathan Rogers, et en devient rédactrice en chef.

En 1963, Gae Aulenti conçoit la célèbre lampe Pipistrello (chauve-souris), devenue l’un des symboles du design italien.

En 1964, elle dessine le pavillon italien à l’occasion de la 13è biennale d’architecture de Milan.

Dans les années 1960 et 1970, elle participe à des projets de design d’intérieur, et crée notamment les showrooms d’Olivetti à Paris en 1965 et à Buenos Aires en 1968, puis des salles de musées, des expositions et des magasins, notamment pour la Biennale de Venise, la National Gallery de Berlin et la boutique Pirelli de Milan et les magasins Prisunic.

En 1972, Aulenti participe à la grande exposition Italy: the new Domestic Landscape au MoMa de New York.

Entre 1980 et 1992, elle dirige la rénovation de la gare d’Orsay à Paris, qui deviendra le musée d’Orsay, l’aménagement intérieur des salles d’expositions du Musée national d’art moderne au Centre Georges Pompidou à Paris, et celui du musée national d’art de Catalogne à Barcelone.

Elle enseigne également l’architecture d’intérieur dans diverses grandes universités en Italie.

Nanna Ditzel

Pionnière méconnue du design au Danemark, Nanna Ditzel, née en 1903 à Copenhague, étudie d’abord l’ébénisterie à l’école des arts appliqués de Copenhague en 1943, puis l’architecture à l’Académie royale des beaux-arts du Danemark où elle a notamment l’influent Kaare Klint comme professeur, et dont elle sort diplômée en 1946. Elle y rencontre également son futur mari et collaborateur, l’architecte Jørgen Ditzel.

Ensemble, ils créent des textiles et des meubles, et remportent la médaille d’or du salon du meuble de Milan en 1960.

Dans les années 1960, après la mort de son époux, Nanna Ditzel crée notamment une gamme de meubles pour enfants, en bois, dans le plus pur style scandinave.

Au sein du design danois, elle occupe une place à part, utilisant des matériaux originaux comme l’osier, et rompant avec le refus klintien de l’ornementation.

Patricia Urquiola

Comptant parmi les premières conceptrices de meubles espagnoles, Patricia Urquiola nait en 1961 à Oviedo, dans le nord de l’Espagne.

Elle étudie d’abord l’architecture à l’Université de Madrid, puis le design à la prestigieuse École polytechnique de Milan, sous la direction d’Achille Castiglioni, dont elle devient l’assistante entre 1990 et 1992.

Entre 1990 et 1996, elle devient responsable du design produit pour l’entreprise De Padova, puis travaille entre 1996 et 2001 pour l’architecte et designer de meubles Piero Lissoni.

Patricia Urquiola fonde son studio de design à Milan en 2001, et conçoit meubles et objets pour des marques comme AlessiFlosCappelliniCassinaKartellB&B Italia, Moroso, etc.

Depuis 2016, elle est directrice artistique chez le grand fabricant de meubles design Cassina.

Matali Crasset

Née en 1965 à Châlons-en-Champagne, Matali Crasset étudie le design industriel à l’École Supérieure d’Art et de Design de Reims, puis à l’École Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI) à Paris.

Elle travaille ensuite dans l’agence de design de Denis Santachiara en Italie, puis chez Philippe Starck à Paris à partir de 1991.

En 1998, elle fonde sa propre agence, Matali Crasset Productions, et commence à collaborer avec de grandes marques.

Front Design

Les designeuses suédoises de Front Design se rencontrent au cours de leurs études en design industriel à Konstfack, l’école de Design, d’Arts Appliqués et de Beaux-Arts de Stockholm. A l’origine, elles sont 4 : Sofia Lagerkvist, Anna Lindgren, Charlotte von der Lancken, et Katja Sävström. Avec les années, le quatuor se réduit au duo des deux premières.

Elles font sensation avec un happening en 2004 au salon du meuble de Milan, puis à nouveau en 2005 avec leurs meubles Sketch dessinés en 3D sous les yeux des spectateurs.

En 2006, elles conçoivent une série de meubles en forme d’animaux pour la marque de luxe MOOOI de Marcel Wanders.

Dans les années suivantes, Front Design conçoit notamment de somptueux canapés en forme de galets pour Moroso.

Créatives, fantasques, ingénieuses, ces créatrices nordiques font tout sauf du design scandinave et apportent fraîcheur et poésie au monde du meuble.

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